L’organisation des formations artistiques en France répond à une logique propre aux spécificités de leur domaine, extrêmement vaste. En effet, le terme d’ « art » désigne des disciplines très variées qui vont de la musique au théâtre de marionnettes en passant par ce qu’on appelle les « arts plastiques ». Ceux-ci sont précisément l’objet de ce dossier.

                Le champ des arts plastiques est avant tout celui du travail autour de l’image, c’est pourquoi on parle parfois d’ « arts visuels ». Il recouvre des techniques et activités très diverses telles que la peinture, la sculpture, la photographie, la vidéo, etc.

Ainsi, les écoles supérieures d’arts plastiques accueillent ceux qui souhaitent « faire de l’art » à l’aide de ces procédés, et donc produire eux-mêmes des œuvres artistiques. Néanmoins, de nombreux débouchés sont également offerts à ceux qui envisagent de « servir l’art », qu’il s’agisse d’analyser des créations (aspects théoriques et critiques), d’en prendre soin (restauration et conservation), ou bien de gérer des créations et des événements.

Cette distinction classique entre « faire de l’art » et « servir l’art » conserve sa pertinence lorsque l’on en vient à s’intéresser aux différents types d’établissements d’enseignement supérieur au sein desquels il est possible d’étudier les arts plastiques. En effet, d’une manière générale, on différencie les écoles d’arts, axées principalement sur la pratique artistique, des universités, où l’apprentissage est davantage orienté vers des activités de « passeurs d’art ».

 

  1. Les différents types d’établissements

 

On compte plus d’un millier d’établissements d’enseignement supérieur dispensant des formations dans le domaine des arts plastiques. Ils se divisent entre, d’un côté, les universités, et, de l’autre côté, les écoles supérieures d’arts plastiques, celles-ci pouvant être soit privées, soit publiques.

 

1. Les écoles supérieures d’arts plastiques

 

a)                 Les écoles publiques

Les écoles supérieures publiques d’arts plastiques sont placées sous la tutelle pédagogique du Ministère de la Culture et de la Communication ; les diplômes qu’elles délivrent, de niveau Bac +3 et Bac +5, sont donc reconnus par l’Etat, et leurs élèves ont le statut d’étudiant. Elles forment un réseau constitué de quarante-cinq établissements (présents sur cinquante-huit sites), dont trente-quatre sont des écoles territoriales, et dix des écoles nationales. Ces dernières dépendent administrativement et financièrement de l’Etat, tandis que les premières sont plus autonomes et que leur fonctionnement s’appuie majoritairement sur des fonds en provenance des collectivités territoriales. Le quarante-cinquième établissement public est le Studio national des arts contemporains du Fresnoy, qui possède un statut particulier.

 

b)                 Les écoles privées

Les écoles supérieures privées d’arts plastiques se caractérisent par une plus grande indépendance pédagogique et financière. Elles dispensent généralement des formations plus étroitement liées au marché du travail ; pour cela, elles s’appuient sur leurs réseaux d’anciens élèves, qui leur permettent d’organiser des stages et de favoriser l’insertion professionnelle de leurs étudiants en fin de cursus.

Les diplômes délivrés par les écoles supérieures privées d’arts plastiques sont de nature et de qualité très diverses. La Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) a mis en place un outil, le Répertoire national des certifications (RNCP) permettant d’estimer leur niveau et la qualité des enseignements proposés. Les formations d’écoles privées non recensées par le RNCP sont sans garantie de qualité par l’Etat. Par ailleurs, il est important de noter que certaines d’entre elles ne donnent pas accès au statut d’étudiant et à tout ce qui y est rattaché (sécurité sociale, restaurants et logements universitaires, etc.).

2. Les universités

Les formations en arts plastiques offertes par les universités sont quant à elles placées sous la tutelle pédagogique du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Par conséquent, les diplômes auxquels elles aboutissent sont reconnus par l’Etat, sauf s’il s’agit de diplômes d’université (DU).

Les formations universitaires sont avant tout d’ordre théorique et généralement peu axées sur la pratique en atelier, bien que certaines d’entre elles se démarquent légèrement de ce point de vue. Même si leurs étudiants exercent très majoritairement une discipline artistique, elles leur apportent principalement dans ce domaine des outils de réflexion sur leurs réalisations. En effet, l’enseignement fait une large place à la théorie, à l’histoire, ou à la gestion de l’art ; le champ de spécialisation de l’université est donc davantage celui du « servir l’art ».

 

  1. L’organisation des études

 

L’organisation des études varie en fonction des établissements d’enseignement supérieur considérés, notamment en ce qui concerne les critères d’admission. Pour ce qui est des diplômes, la tendance est à l’harmonisation sur le système européen.

 

1. Les conditions d’accès

En matière d’accès aux formations supérieures en arts plastiques, la distinction entre universités d’une part et écoles supérieures d’arts plastiques d’autre part est majeure. De fait, l’entrée en première année à l’université est en principe acquise dès lors que l’on satisfait aux critères (maîtrise de la langue française, baccalauréat ou diplôme équivalent…). Au contraire, l’intégration d’une école d’art suppose de passer par un processus de sélection, qui varie selon les établissements. Pour les écoles publiques et les écoles privées très reconnues, ce processus de sélection prend la forme d’un concours dont les modalités peuvent varier, mais qui comporte habituellement une épreuve pratique, une épreuve écrite de culture générale, ainsi qu’un entretien de motivation à partir du dossier artistique du candidat. Pour les autres écoles privées, la sélection se fait sur dossier et sur entretien. Même si cela n’est pas obligatoire, de nombreux étudiants suivent des classes préparatoires aux concours d’entrée en écoles d’arts, au sein desquelles ils constituent leurs dossiers artistiques en bénéficiant de conseils de professeurs et se préparent aux différentes épreuves. A l’université comme dans une école supérieure d’arts plastiques, il est possible d’intégrer une formation en cours de cursus ; dans la majorité des cas, les dossiers de demande d’admission sont alors examinés par une commission qui évalue les motivations du candidat ainsi que ses aptitudes artistiques.

En ce qui concerne le coût des études, en revanche, ce n’est pas la distinction entre écoles d’arts et universités qui prévaut, mais celle entre établissements publics et établissements privés. Dans les écoles supérieures publiques d’arts plastiques et dans les universités, les droits d’inscription oscillent entre 200 et 400 Euros par an. En revanche, dans les écoles supérieures privées d’arts plastiques, ils sont très contrastés, variant le plus souvent entre 5000 et 10000 Euros par an.

 

2. Les diplômes

Si les études d’arts plastiques n’appliquent pas encore complètement le système « LMD » (Licence – Master – Doctorat), le processus de transition est en bonne voie. Il est même déjà achevé pour ce qui est des formations universitaires, qui sont sanctionnées soit par une Licence (après trois ans d’études), soit par un Master (après cinq ans d’études), soit par un Doctorat (après huit ans d’études).

Dans les écoles supérieures publiques d’arts plastiques, deux cursus mènent à des diplômes nationaux : le cursus « art et technique », qui se décline en quatre options (design d’espace, design graphique, design de produit et design textile), et le cursus « art et expression plastique », qui offre trois options (art, communication et design). Le premier dure trois ans et mène au Diplôme national d’arts et techniques (DNAT). Le deuxième est composé de deux phases : la première, d’une durée de trois ans, aboutit au Diplôme national d’arts plastiques (DNAP), tandis que la seconde, d’une durée de deux ans, est validée par le Diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP), reconnu depuis 2012 comme conférant le titre de Master.

Les écoles d’art, qu’elles soient publiques ou privées, sont également susceptibles de délivrer des diplômes d’établissement. Pour les évaluer et les comparer entre eux, on peut se référer au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), qui leur confère un niveau sur une échelle allant de 1 à 5 (1 étant la meilleure note pouvant être obtenue). La qualité des formations d’écoles privées non recensées par le RNCP n’est pas garantie par l’Etat. Aucune école privée ne peut prétendre délivrer un diplôme de Master reconnu par l’Etat, sauf dans le cas très rare où elle dispense une formation en partenariat avec une université française.

 

 

CampusArt : un outil de candidature au service des étudiants étrangers

CampusArt est un réseau de soixante-trois établissements français proposant des formations universitaires dans le domaine des arts ; il s’agit à la fois d’écoles supérieures d’arts plastiques publiques et privées, et d’universités.

Les étudiants étrangers ayant étudié les arts pendant au moins trois ans ont la possibilité d'adresser leurs candidatures en ligne à l'ensemble des établissements du réseau en ne constituant qu'un seul dossier, sous forme électronique (doublé d’un dossier « papier »). Les écoles du réseau contactent les candidats ayant retenu leur intérêt et leur adressent éventuellement une proposition d'admission.

Pour ceux qui envisagent une formation à la création artistique, l’utilisation de ce dispositif nécessite la construction d’un site internet personnel présentant leurs productions. Par ailleurs, un bon niveau de français est requis, et une participation de 300 Euros correspondant à des frais de dossier est à prévoir, uniquement en cas d’admission au sein d’un des établissements du réseau.

Les candidatures en ligne sont à saisir entre début octobre et fin février de chaque année.