Vous souhaitez étudier la médecine en France mais vous ne connaissez pas les modalités d’admission ?...

 

Les termes PACES, ECN et DFASM vous laissent perplexe? Vous voudriez savoir comment les études de médecine en France s’articulent avec des études de médecine en Europe ? Retrouvez toutes les explications dans notre dossier sur les études de médecine en France!
En France, les études de médecine se font exclusivement à l’Université et durent de 9 à 12 ans selon la spécialisation choisie.  

 

I. L’accès aux études médicales (1ere année)
 

A. La voie d’entrée classique : la PACES (première année commune aux études de santé)

La PACES constitue une première année commune aux études de médecine, pharmacie, sage-femme et dentiste.

> L'organisation de la PACES

Un premier semestre général

Le premier semestre est commun à toutes les filières (médecine, pharmacie…) et se concentre sur des matières principalement scientifiques : chimie-biochimie, physique-biophysique, biologie cellulaire, mathématiques… Seuls les coefficients attribués à chaque matière changeront dans le classement final en fonction de l’option choisie. Un premier concours a lieu à la fin du premier semestre et les étudiants sont classés en fonction de leurs résultats.
A l’issue de ce concours, les 15% des étudiants les moins bien classés sont réorientés vers une autre filière, généralement une licence scientifique de la même université.

Un second semestre orienté vers la profession choisie

Lors du second semestre, les étudiants qui ont réussi peuvent choisir les concours qu’ils passeront au second semestre (médecine, dentaire, pharmacie ou sage-femme). Cela détermine le programme des cours suivis au second semestre : 2/3 cours communs, 1/3 cours spécifiques au concours choisi. Dans le cadre du tronc commun, les étudiants commenceront à étudier les matières médicales, comme l’anatomie ou la physiologie. Un second concours a lieu à la fin du second semestre pour permettre le passage en deuxième année.



> L’admission en deuxième année

L’admission est conditionnée à la réussite des concours mais dépend surtout du numerus clausus (nombre de place en filière médicale par université). Chaque année, seul un nombre déterminé d’étudiants est autorisé à continuer en deuxième année. Il ne suffit donc pas de réussir les examens, il faut être bien classé. Ce numerus clausus est fixé chaque année par décret pour chaque université et en conséquence, en fonction du nombre d’étudiants inscrits, le taux d’admission varie entre 8,9 % et 18,9% selon les universités (vous trouverez le dernier classement général ici). Il est donc important de bien choisir son université.

> Les réorientations possibles en cas d’échec

Pour les étudiants non sélectionnés ne souhaitant pas retenter leur chance en recommençant une première année de médecine, il existe de nombreuses passerelles pour se réorienter. Selon les universités et les résultats obtenus, il est possible d’intégrer la plupart des licences scientifiques directement en deuxième année, mais également d’intégrer des écoles d’ostéopathie ou même d’ingénieur.

B. Des admissions parallèles dans certaines universités (nouveauté 2015)

Depuis 2015, une possibilité d’admission alternative en seconde année de médecine a été mise en place par décret dans certaines universités. Cela signifie que dans ces universités, un certain nombre de places du numerus clausus seront réservées aux étudiants passés par cette procédure d’admission parallèle.

 >  Rouen, la licence "sciences pour la santé"

Conditions d’admission

Le recrutement se fait sur dossier, parmi les bacheliers de l’académie de Rouen ou les étudiants obtenant une dérogation. Les étudiants étrangers ne relevant pas d’une académie française déterminée peuvent librement poser leur candidature. 

Passage en deuxième année de médecine

Un pourcentage du “numerus clausus” est réservé aux admissions directes (15 % : 6 % après une L2, 9 % après une L3). Pour être admissible, il faut obtenir au moins 12/20 à l’ensemble des matières de tronc commun de l’année en cours (un redoublement est éliminatoire). L’admission est déterminée lors d’un oral sur le cursus universitaire des étudiants, leur motivation ainsi que leur projet professionnel. Les étudiants déclarés admis sont classés par ordre décroissant en fonction de leur note totale sur 40 points (note d’admissibilité + note d’admission) et intègrent les filières réglementées selon leur rang de classement.

Poursuivre d’autres études

Les diplômés peuvent poursuivre leurs études en école d’ingénieur ou en master dans les secteurs pharmaceutiques, cosmétiques ou dans le domaine des biotechnologies ou d’ingénierie pour la santé et le biomédical.

> Anger, le parcours PluriPASS

A Anger, la PACES est supprimée à partir de l’année 2015 pour être remplacée par le parcours PluriPASS. A la fin de la première année, les étudiants pourront passer les épreuves pour être admis en 2eme année d’une filière médicale. 75% des places du numerus clausus seront attribuées à l’issue de ces épreuves. Les étudiants ayant échoué pourront soit continuer en PluriPASS pour un semestre supplémentaire et tenter de nouvelles épreuves pour les 25% restant, soit se réorienter vers une L2 différente.

>  Paris 5, 7, 13  et Saint-Etienne, des modules complémentaires dans les licences classiques

Afin de diversifier le recrutement en médecine, ces universités ont décidé de réserver un certain nombre des places du numérus clausus (10% à Paris 13, 5% à Paris 5 par exemple) à des étudiants titulaires d’une licence quelconque. Ces étudiants devront avoir suivi des unités d’enseignement de la PACES en complément de leur licence.

> Strasbourg, admission directe à Bac+2

Pour les étudiants de l’université de Strasbourg, il sera désormais possible d’intégrer médecine après une L2 sciences du vivant (6.5% du numerus clausus) et pharmacie après une L2 ou un DUT chimie ou biologie (25% du numerus clausus).

C. L’accès aux études médicales en cours de cursus

> Des passerelles pour la deuxième année pour les Bac + 5

Pour les étudiants titulaires d’un master ou d’un diplôme équivalent à 300 crédits ECTS, il est possible d’intégrer directement la deuxième année de médecine, voir la troisième année dans certains cas. En effet, toutes les universités sélectionnent chaque année des candidats sur dossier puis entretien pour rejoindre les rangs de leurs étudiants (exemple ici).

> Les étudiants étudiant la médecine à l’étranger

Les étudiants en médecine à l’étranger et souhaitant intégrer le cursus médical français doivent néanmoins intégrer la PACES et réussir le concours. En cas de réussite, ces étudiants pourront faire valider les années d’études effectuées à l’étranger et ainsi intégrer directement l’année correspondante entre la 2ème et la 6ème année.

II. L’organisation des études médicales

 

> Le Diplôme de formation générale en sciences médicales (2ème et 3ème année)

La deuxième et la troisième année se concentrent sur l’étude des sciences médicales, via des cours magistraux et des travaux pratiques. En troisième année, les étudiants effectuent un stage à l’hôpital en parallèle de leurs cours à l’université. A l’issue de ces deux années, les étudiants reçoivent le diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM), qui est reconnu comme une licence.


> L’externat

Les trois années suivantes sont communément appelées « externat » bien que cette dénomination n’existe plus officiellement. Pendant ces trois années, l’étudiant est à la fois étudiant et salarié de l’Assistance publique. L’étudiant travaille à mi-temps à l’hôpital, ce qui lui permet de mettre en pratique les connaissances acquises et de découvrir les différents services médicaux, afin de pouvoir choisir sa spécialité en connaissance de cause. En général, chaque étudiant passe trois mois dans chaque service.
A l’issue de ces trois années, l’étudiant obtient le diplôme de formation approfondie en sciences médicales (DFASM) qui est reconnu comme un master.

> Les épreuves classantes nationales

A l’issue de ces six années d’études, les étudiants passent un nouvel examen, les épreuves classantes nationales (ECN), permettant de les répartir sur les postes d’internes au niveau national. Cet examen est passé en même temps par l’ensemble des étudiants en médecine, avec un programme et des épreuves identiques. A l’issue de ces épreuves, un classement national est établi.
Dans l’ordre du classement, les étudiants peuvent alors choisir leur spécialité et leur ville, dans la limite des places disponibles. En conséquence, pour pouvoir intégrer les spécialités les plus demandées – dermatologie et ophtalmologie en 2014 – il est nécessaire de très bien réussir l’ECN.
Les étudiants étrangers européens titulaires d’un diplôme de médecine équivalent au DFASM (fin de deuxième cycle d’études médicales) peuvent s’inscrire pour passer les ECN et pourront continuer leur internat dans les mêmes conditions que les étudiants français.

> L’internat

Lors de l’internat, l’étudiant – désormais appelé interne – travaille à l’hôpital à temps plein et suit des cours environs une fois par mois. L’internat peut durer de trois ans, pour la médecine générale, à cinq ans pour les spécialités les plus longues. L’interne reste cependant considéré comme un étudiant et n’est pas encore médecin, même s’il a un statut de salarié, avec une rémunération et des congés payés. Pour le devenir, il devra rédiger et soutenir sa thèse d’exercice lui conférant le grade de docteur en médecine.