Alexandra Kubizniaková, après avoir terminé ses études en Droit à l'Université de Trnava a décidé de postuler pour un master de droit international à Bordeaux où elle a passé une année universitaire, elle nous raconte!

 

Je suis Alexandra Kubizniaková, Je suis Fundraiser et Responsable en gestion de projets dans la section des Droits de l´Homme de l´organisation non-gouvernemental : People in Need Slovakia.


Je suis en charge de l’organisation des campagnes de dons, je m´occupe de la communication, du développement des ressources et de la collecte de fonds ainsi que de la gestion des projets qui visent à soutenir les droits de l´homme (mon projet général est basé à Cuba).

Quelles études as-tu suivi ? Et pourquoi as-tu choisi Bordeaux ?

En Slovaquie j´ai effectué les études de droit. Je suis diplômée de Magister de droit de l´Université de Trnava (Faculté de Droit). Á Bordeaux, j´ai étudié Master Droit européen et droit international spécialité professionnelle Droit international.

En 2010 lorsque pendant ma dernière année d’études en Slovaquie, j’ai décidé de m’orienter vers le droit international parce que je souhaitais faire une carrière au sein des organisations internationales ou dans le domaine des relations internationales. 

Je désirais aller en France, donc j’ai commencé à chercher une formation sur le site Campus France pour les programmes de master 2 en droit international. Il y avait plusieurs programmes de renommés, j’ai candidaté à plusieurs masters mais je ne voulais pas aller à Paris, je préférai m’orienter vers une ville de plus petite taille, et je préfère le sud.

J’avais deux possibilités, entre Aix-En Provence et Bordeaux. Puis je me suis renseignée sur la vie dans les deux villes et j’ai choisi Bordeaux, aussi parce que quelques amis me l’avait conseillé, mais plutôt en suivant mon feeling.

 

Pourquoi voulais-tu aller en France ? Et es-tu contente de ton choix de Bordeaux ?

Aller en France, c’est une idée que j’avais en tête depuis le lycée, quand j’avais 16 ans, j’en parlais déjà à mes parents. J’ai décidé d’apprendre le français, mais je n’avais pas vraiment la possibilité d’apprendre au lycée, donc avec mes parents on s’est mis d’accord et j’ai commencé à faire des séjours en France, à Nice lors des vacances scolaires d’été afin d’apprendre le français. J’en garde des superbes souvenirs.

Je savais déjà que je voulais travailler dans le domaine juridique, je voulais potentiellement être avocate. La raison pour laquelle je voulais étudier en France c’est aussi parce qu’en Slovaquie j’ai étudié le droit commun, et c’est le même principe en France et en Slovaquie, alors que c’est différent par exemple en Angleterre ou aux Etats-Unis.

J’étais très contente avec le choix de Bordeaux, même si au début ça a été difficile, tout autant du côté des études et de l’installation à Bordeaux.

J’ai lancé ma candidature en candidate libre, donc j’étais hors cadre ERASMUS ou autres accords, du coup j’étais vraiment considérée comme une étudiante française.

Au niveau des études cela n’a pas toujours été facile non plus. Je suis arrivée en master 2, donc le niveau était élevé, les professeurs étaient exigeants, ils attendaient une bonne connaissance juridique.

Le droit commun français et slovaque divergent quand même un peu, et notre promotion était divisée entre des personnes qui suivaient le master professionnel et le master recherche. Donc il y avait deux types de cours, certains plus orientés pour la recherche et d’autres un peu plus pratique. Ce qui changeait aussi pour moi, c’était la planification des exams, en Slovaquie nous avons deux - trois examens en une semaine, et je suis arrivée en France et on avait une semaine pour réussir 11 examens. Le type d’examens et de préparation sont complétement différents entre la Slovaquie et la France. Je pensais que je n’allais pas réussir, mais finalement si, mais c’était vraiment une  tout autre expérience que les études juridique ici en Slovaquie mais cela m’a beaucoup apporté.

 

Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience ? Que t’a-t-elle apporté ?

Ce que j’ai beaucoup aimé, et ce qui m’a apporté, c’est surtout l’expérience du stage, puisque c’est une partie obligatoire dans les masters 2 professionnels. J’avais réussi à décrocher deux stages, et comme les deux étaient intéressants je ne voulais pas choisir.

Le premier s’est déroulé au sein du Conseil des réfugiés grecs à Athènes où j’ai passé trois mois à travailler sur le sujet des demandeurs d’asile. Je travaillais avec les demandeurs et avec les juristes.

C’est aussi grâce à mon master à Bordeaux que j’ai eu la chance de faire mon deuxième stage au Bureau des procureurs du tribunal pénal de l’Ex Yougoslavie à La Haye.  J’ai pu travailler sur l’affaire Radovan Karadžić pendant presque 6 mois, ce qui est vraiment un cas unique, et j’étais encadrée par la crème de la crème des spécialistes du droit international pénal. Donc c’était vraiment quelque chose d’extraordinaire.

 

Comment s’est passé ton accueil à l’université de Bordeaux ?

Oui ça s’est bien passé. Mon master était un mélange entre étudiants internationaux et français et la majorité se connaissaient déjà, mais j’ai été vraiment bien accueilli. La responsable du master était vraiment extraordinaire.

Comme je suis partie en dehors du cadre d’accords entre universités je n’avais même pas vraiment besoin de traiter avec le service des Relations Internationales, mais si j’avais besoin d’aide pour la CAF ou la sécurité sociale, il y avait toujours quelqu’un m’aider.

 

Quels conseils pratiques donnerais-tu ?

J’ai eu pas mal de difficulté au  début, car je connaissais personne, et comme je ne faisais pas partie d’un programme d’échange, il n’y avait personne vraiment pour me guider. Du coup j’ai trouvé un logement par des amis d’amis, c’est vraiment compliqué de trouver un logement en France si tu n’as pas le soutien du service de relations internationales. Donc le conseil pratique pour les étudiants qui souhaitent étudier en France c’est de vous rapprocher des services Relations Internationales de l’université et de l’agence Campus France qui peuvent vous aider à trouver un logement et de le faire avant votre arrivée.

 

A côté des études, quelles étaient tes activités extrascolaires ?

Alors comme je le disais c’était très exigeant comme études, donc je n’avais pas beaucoup de temps libre.

Mais après quelques semaines je me suis fait un petit groupe d’amis et on passait notre temps libre à se promener dans la ville, à prendre un verre de vin, se balader près de la cathédrale, à Sainte-Catherine. J’adorai le système de vélo que l’on peut emprunter pour quelques heures et je faisais des promenades sur les quais.

J’ai plusieurs endroits préférés à Bordeaux, mais notamment le miroir d’eau, parce que c’est là où on se retrouvait avec mes amis et mais aussi les petits cafés dans les rues historiques.

Comme on était étudiants on n’avait pas beaucoup d’argent pour voyager, mais on a quand même réussi avec un petit groupe d’amis à aller à Arcachon en Février, même si ce n’était pas la saison on a passé un bon moment.

 

Qu’est-ce que tu aimerais dire aux jeunes slovaques qui souhaiteraient aller étudier en France ?

« Allez-y !! »

Il faut y aller, vous aurez une expérience unique et extraordinaire, tu vis des moments peut être un peu moins confortable, mais c’est aussi ça qui t’enrichis et qui crée des souvenirs inoubliables. Il est important de se rendre compte que même si on est en Europe il y a des choses qui diffèrent.

Pour moi, la France c’est le pays des rencontres. Chaque pays m’a donné différentes choses, mais la France m’a offert des amitiés qui sont toujours très fortes. Je trouve qu’avec les français on a plus en commun que l’on ne pense, je trouve qu’on a le même sens de l’humour par exemple.

Une expérience à l’étranger va aussi te donner un autre point de vue, tu reviens changé, avec plusieurs manières de penser. Et pour moi, partir c’est aussi un challenge, un défi à relever.

 

Tu as aussi vécu dans d’autres pays ?

J’ai vécu en Grèce, aux Pays Bas, deux ans en Espagne, ça fait deux ans que je suis de retour en Slovaquie. Tout est différent, mais  tout est intéressant, moi je n’ai pas peur de sortir de la zone de confort, même si parfois c’était difficile, il y a des choses qui sont mieux en France et des choses qui sont pires, tu peux les comparer, mais tu ressors toujours enrichi.

Vraiment faîtes vous aider par les institutions existantes, et organisez-vous avant de partir.

 

En une phrase, que représente Bordeaux pour toi ?

« Bordeaux reste un mélange de sentiments et de goûts : les pains aux raisins, les longs déjeuners du dimanche avec mes amis et ma famille bordelaise, les promenades sur les quais, les cafés près de la cathédrale, et la fête avec les amis quand on se retrouve près du miroir d’eau et surtout des amitiés qui durent. »